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Tiens, voilà des femmes !

Réflexion

Tiens, voilà des femmes !

Tiens, voilà des femmes !

Il y a un mois, le 8 mars précisément, c’était la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Oui, l’intitulé est long mais finalement pas autant que la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, qui a lieu le 21 mars. Oui, dans une conversation, c’est compliqué de dire en entier le nom de ces journées mais bizarrement, il ne nous viendrait pas à l’esprit de dire « Journée du racisme » ou « Journée des Noirs ». Par contre, on dit encore allègrement « Journée de la femme ».

 

Bonne fête le cancéreux !

J’aimerais revenir d’abord sur ce concept de journée internationale. Il y en a tous les jours sur des sujets aussi divers que les droits des femmes, la plomberie, le cancer ou l’eau. Elles ont lieu pour permettre de faire un focus sur un métier, une situation grave, une maladie pendant une journée entière, pour que les médias en parlent et sensibilisent le public, que des associations ou des institutions mettent en avant leur travail et leurs avancées. Souvent donc, c’est une journée sérieuse, parfois humoristique comme cette première journée de la procrastination le 25 mars (qui sera sûrement remise au lendemain d’ailleurs). Mais le plus souvent, elles sont sérieuses. Elles n’ont donc rien à voir avec une fête, du type fête des mères, des grands-mères ou des frères et sœurs. Je pense que nous sommes d’accord sur ce point.

Alors pourquoi dire le 8 mars « Ah au fait bonne fête ! C’est la fête des femmes ! » (ou en version pire : « C’est la fête de la femme ! » avec gros clin d’œil appuyé ou fleur à la main). Non, en fait non, pas du tout, ce n’est pas la fête de la femme. Il n’y a pas lieu de dire Bonne fête à une femme ce jour-là, comme on ne dirait pas « Bonne fête » à un cancéreux, le jour de la lutte contre le cancer, en lui offrant une perruque.

 

Citez-moi une femme physicienne 

L’autre phénomène incroyable qui se produit ce jour-là est la découverte inopinée et annuelle de femmes dans tous les domaines. Tout au long du mois, nous sommes submergés par les portraits de femmes artistes, scientifiques, politiques ou citoyennes qui ont contribué à la marche du monde. Et après ? Presque rien, elles retombent dans l’oubli jusqu’au mois de mars suivant. Si cette journée est encore importante en 2017, c’est justement pour mettre en lumière et organiser des actions qui infuseront les femmes dans la société, dans l’actualité et dans l’histoire. Et qu’elles y restent, surtout. Je rêve que le monde n’ait plus besoin de cette journée, que l’on puisse citer trois noms de scientifiques femmes, aussi rapidement que ceux d’hommes –et pas seulement « Marie Curie », la femme de-. De même en littérature et en toute autre activité.

 

Katherine Johnson et Margaret Hamilton

Ce 8 mars a été l’occasion de belles promesses en ce sens. Madame de La Fayette devient la première auteure au programme du baccalauréat littéraire 2018. La sortie du film Les Figures de l’ombre, tiré du roman de Margot Lee Shetterly, fait la part belle aux femmes noires qui ont contribué aux programmes spatiaux de la NASA. J’inscris le nom de l’héroïne pour la citer à l’instinct dès qu’on vous demandera le nom d’un ou une éminent.e scientifique : la physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale américaine Katherine Johnson. Retenez bien ce nom. Je vous propose aussi Margaret Hamilton, informaticienne et mathématicienne, qui a conçu le système embarqué du programme Apollo.

Margaret Hamilton à gauche, Katherine Johnson à droite

Leurs biographies sont sur Wikipédia où seul 10% sont consacrées à des femmes. Plusieurs projets ont été développés pour pallier le manque. À Grenoble, un Editathon a été organisé toute la journée du 8 mars pour rédiger des notices de femmes scientifiques sur la plateforme contributive. Cette dernière a aussi lancé le « Projet Femmes sur Wikipédia ».

 

Qui citerez-vous si je vous dis « Nom d’un.e physicien.ne » ?
Le 8 mars revient l’an prochain mais faisons en sorte qu’il ne serve plus à rien.

En photo d’illustration, de gauche à droite : Gwendolyn Brooks, poétesse américaine, première femme noire à gagner le prix Pulitzer (1950), Winnie « la soudeuse », travailleuse dans les chantiers navals américains pendant la Seconde Guerre Mondiale (1943), Kathrine Switzer, première femme à courir le marathon de Boston, malgré les organisateurs qui essayent de l’arrêter (1967), Marina Ginesta, militante antifasciste catalane pendant la guerre civile espagnole (1936), Anna Fischer, première femme dans l’espace (1980), Aung San Suu Kyi, femme d’État birmane, figure de l’opposition non-violente à la dictature militaire de son pays, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, et Sabiha Gökçen, première femme pilote d’avion de chasse (1937).

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